Kitabı oku: «Les Trois Mousquetaires. Уровень 1 / Три мушкетера», sayfa 3
Chapitre VI
Les mousquetaires ont décidé de commander un bon repas. Le nouveau laquais de d’Artagnan fourni par Porthos109 a servi à table. C’était un Picard que le glorieux mousquetaire avait aperçu le jour même sur le pont de la Tournelle, pendant qu’il faisait des ronds en crachant dans l’eau110. Porthos avait décidé que cette occupation était la preuve d’une organisation réfléchie et contemplative. Mais Porthos avait son laquais Mousqueton et a proposé ce-là à d’Artagnan.
Ce laquais qui s’appelait Planchet a remercié le Ciel d’être tombé en la possession de d’Artagnan111.
Athos, de son côté, avait un valet que l’on appelait Grimaud. Il était fort silencieux, ce digne seigneur. Nous parlons d’Athos, bien entendu112. Ses compagnons, Porthos et Aramis, ne l’ont jamais entendu rire. Ses paroles étaient brèves. Athos avait à peine trente ans et était d’une grande beauté de corps et d’esprit, mais personne ne lui connaissait de maîtresse113. Jamais il ne parlait de femmes. Grimaud lui obéissait sur un simple geste ou sur un simple mouvement des lèvres114. Il ne lui parlait que dans des circonstances suprêmes115.
Porthos avait un caractère tout opposé à celui d’Athos: non seulement il parlait beaucoup, mais il parlait haut116. Il avait moins grand air qu’Athos et tâchait de le dépasser par ses splendides toilettes et par les histoires de ses affaires amoureuses.
Un vieux proverbe dit: «Tel maître, tel valet117.» Mousqueton, le laquais de Porthos, était toujours habillé d’une façon magnifique comme son maître.
Quant à Aramis, il avait l’espérance d’entrer un jour dans les ordres118. Il a dit souvent «Je serai abbé s’il me convient; en attendant, je suis mousquetaire.» Ce jeune homme était fier de sa beauté et avait du succès avec les femmes. Son laquais s’appelait Bazin. Il était toujours vêtu de noir, comme doit l’être le serviteur d’un homme d’Église119. Sa fidélité était excéptionnelle.
D’Artagnan adorait ses nouveaux amis. Il a considéré Athos comme un Achille, Porthos comme un Ajax, et Aramis comme un Joseph120.
De leur côté, les trois mousquetaires aimaient fort leur jeune camarade. L’amitié qui unissait ces quatre hommes, et le besoin de se voir trois ou quatre fois par jour, soit pour duel, soit pour affaires, soit pour plaisir, les faisaient sans cesse121 courir l’un après l’autre comme des ombres; et l’on rencontrait toujours les inséparables122.
D’Artagnan a été pris comme cadet dans la compagnie des gardes de M. des Essarts selon les promesses de M. de Tréville. Ce dernier lui a dit que le jeune homme deviendrait mousquetaire après un noviciat de deux ans123 ou s’il ferait quelque action exceptionnelle.
Chapitre VII
Un jour on a frappe doucement à la porte du logement de d’Artagnan. C’était un bourgeois de mine assez simple124. Ce bourgeois, qu’on appelé Bonacieux, était le propriétaire de l’appartement de d’Artagnan.
– J’ai entendu parler de M. d’Artagnan comme d’un jeune homme fort brave, a dit le bourgeois, et c’est pourquoi j’ai décide de lui confier un secret.
– Parlez, monsieur, lui a répondu d’Artagnan.
– Ma femme qui est lingère chez la reine, monsieur, a été enlevée hier matin, comme elle sortait de sa chambre de travail.
– Et par qui votre femme a-t-elle été enlevée?
– Je n’en sais rien sûrement125. Mais je soupçonne un homme qui la poursuivait depuis longtemps.
– Diable!
– Je crois donc que ma femme a été arrêtée à cause des affaires amoureuses d’une plus grande dame qu’elle.
– De Mme de Bois-Tracy? a dit d’Artagnan. Il voulait avoir l’air du connaisseur des affaires de la cour126.
– Plus haut, beaucoup plus haut!
– De la… s’est arrêté d’Artagnan. Il a pensé de la reine Anne d’Autriche.
– Oui, monsieur, a répondu le bourgeois épouvanté.
– Mais avec qui?
– Avec qui cela peut-il être, si ce n’est avec le duc de…127
– Le duc de Buckingham…
– La reine croit qu’on a écrit à M. le duc de Buckingham en son nom pour le faire venir à Paris et pour l’attirer dans quelque piège128. On connaît que ma femme est dévouée à la reine. On veut soit l’éloigner de sa maîtresse, soit apprendre tous ses secrets.
– C’est probable, a dit d’Artagnan, mais l’homme qui l’a enlevée, le connaissez-vous?
– Je sais seulement qu’il sert le cardinal. C’est un haut gentilhomme, il a une cicatrice à la tempe129.
– Une cicatrice à la tempe! s’est écrié d’Artagnan, c’est mon homme de Meung!
– C’est votre homme, dites-vous?
– Oui! Je ferai d’un coup deux vengeances130. Mais où je trouverai cet homme?
– Je sais seulement que ma femme a disparu près du Louvre. De plus, cet homme a laissé une lettre.
Le bourgeois lui a donné une lettre.
«Ne cherchez pas votre femme, a lu d’Artagnan, si vous faites une seule démarche pour la retrouver, vous êtes perdu131.»
Mais tout à coup, Bonacieux a vu un homme en face des fenêtres, un homme enveloppé dans un manteau132.
– Mais… Voilà lui, cet homme inconnu!
D’Artagnan l’a vu et a crié:
– C’est lui! Cette fois-ci, il ne m’échappera pas.
Avec ces mots il s’est précipité hors de l’appartement.
Chapitre VIII
Mais d’Artagnan n’a pas réussi à trouver son homme de Meung. Déçu, il est rentré à son appartement. Ses amis l’y attendaient.
Et alors il a raconté mot à mot133 à ses amis ce qui venait de se passer entre lui et son hôte, et comment l’homme qui avait enlevé la femme du digne bourgeois était son ennemi personnel, l’homme de Meung.
– Ce n’est point de Mme Bonacieux que je m’inquiète, a dit d’Artagnan, mais de la reine. Si je savais où est le duc de Buckingham, je voudrais le prendre par la main et le conduire près de la reine, pour faire enrager M. le cardinal134; car notre véritable, notre seul, notre éternel ennemi, messieurs, c’est le cardinal.
– Et, a dit Athos, le bourgeois vous a dit, d’Artagnan, que la reine pensait qu’on avait fait venir Buckingham à Paris?
– Elle en a peur135, a dit d’Artagnan, maintenant je crois, que l’enlèvement de cette femme de la reine se rattache à la présence de M. de Buckingham à Paris.
– Le Gascon est plein d’idées, a dit Porthos avec admiration.
– Je voudrais vous raconter une histoire, a dit soudainement Aramis, hier j’ai été chez un savant docteur en théologie que je consulte pour mes études136. Quand je sortais de chez lui…
Ici Aramis s’est arrêté comme un homme qui, en plein courant de mensonge137, se voit arrêter par quelque obstacle imprévu138.
– Ce docteur a une nièce, a continué Aramis.
Ses amis se sont mis à rire.
– Je devais la conduire à son carrosse.
– Ah! elle a un carrosse, la nièce du docteur? l’a interrompu Porthos.
– Vous êtes fort indiscret139, Porthos, a dit Aramis. Il continuait: Tout à coup, un gentilhomme grand et brun, tout comme le vôtre, d’Artagnan, s’est approché de moi. Il nous a demandé de le suivre.
– C’était lui! a crié d’Artagnan, il vous avait pris pour Buckingham140! Et la dame, il l’avait prise pour la reine!
En ce moment les amis ont entendu le bruit. Le bourgeois est entré dans la chambre.
– Ah, messieur, sauvez-moi! il a crié.
En ce moment, les quatre gardes ont apparu à la porte.
– Entrez, messieurs, a crié d’Artagnan, nous sommes tous de fidèles serviteurs du roi et de M. le cardinal.
– Mais vous m’avez promis…, a dit tout bas141 le pauvre bourgeois.
– Nous ne pouvons vous sauver qu’en restant libres142, a répondu d’Artagnan, et si nous faisons mine de vous défendre143, on nous arrête avec vous.
Et d’Artagnan a poussé le bourgeois tout aux mains des gardes, en lui disant:
– Vous êtes un maraud, mon cher; vous venez me demander de l’argent, à moi! à un mousquetaire! En prison, messieurs, emmenez-le en prison, cela me donnera du temps pour payer.
Et les gardes sont sortis avec le pauvre bourgeois.
– Comment ça? a dit Porthos, quatre mousquetaires laissent arrêter au milieu d’eux un malheureux qui crie à l’aide!
– J’approuve la décision de d’Artagnan, a dit Athos, elle est vraiment sage.
– Et maintenant, messieurs, a dit d’Artagnan sans se donner la peine d’expliquer sa conduite à Porthos144, tous pour un, un pour tous, c’est notre devise, n’est-ce pas?
Et les quatre amis ont répété d’une seule voix145 la formule dictée par d’Artagnan:
– Tous pour un, un pour tous.
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