Kitabı oku: «Избранные новеллы. Уровень 1 / Les Nouvelles Choisis», sayfa 13
L’enfant répéta tout confus83: «Simon.»
Le gars lui cria: «On s’appelle Simon quelque chose… c’est pas un nom, ça… Simon.»
Et lui, prêt à pleurer84, répondit pour la troisième fois:
«Je m’appelle Simon.»
Les galopins se mirent à rire. Le gars triomphant éleva la voix: «Vous voyez bien qu’il n’a pas de papa.»
Un grand silence se fit85. Les enfants étaient stupéfaits par cette chose extraordinaire, impossible, monstrueuse, – un garçon qui n’a pas de papa; – ils le regardaient comme un phénomène, un être hors de la nature86.
Quant à Simon, il s’était appuyé contre un arbre pour ne pas tomber. Il cherchait à s’expliquer87. Mais il ne pouvait rien trouver pour leur répondre. Enfin, livide, il leur cria à tout hasard88: «Si, j’en ai un.
– Où est-il?» demanda le gars.
Simon se tut; il ne savait pas. Les enfants riaient, très excités. Simon avisa tout à coup un petit voisin, le fils d’une veuve, qu’il avait toujours vu, comme lui-même, tout seul avec sa mère.
«Et toi non plus, dit-il, tu n’as pas de papa.
– Si, répondit l’autre, j’en ai un.
– Où est-il? riposta Simon.
– Il est mort, déclara l’enfant avec une fierté superbe, il est au cimetière, mon papa.»
Un murmure d’approbation courut parmi les garnements, comme si ce fait d’avoir son père mort au cimetière eût grandi leur camarade pour écraser cet autre qui n’en avait point du tout.
L’un, tout à coup, qui se trouvait contre Simon, lui tira la langue d’un air narquois et lui cria:
«Pas de papa! pas de papa!»
Simon le saisit à deux mains aux cheveux et se mit à lui cribler les jambes de coups de pied, pendant qu’il lui mordait la joue cruellement. Il se fit une bousculade énorme. Les deux combattants furent séparés. Quelqu’un cria à Simon:
«Va le dire à ton papa.»
Alors il sentit dans son cœur un grand écroulement. Ils étaient plus forts que lui. Plein d’orgueil, il essaya pendant quelques secondes de lutter contre les larmes, mais il se mit à pleurer par grands sanglots qui le secouaient précipitamment.
Alors une joie féroce éclata chez ses ennemis. Ils se prirent par la main et se mirent à danser en rond autour de lui, en répétant comme un refrain: «Pas de papa! pas de papa!»
Mais Simon tout à coup cessa de sangloter. Une rage l’affola. Il y avait des pierres sous ses pieds; il les ramassa et, de toutes ses forces, les lança contre ses bourreaux. Lâches, comme l’est toujours la foule devant un homme exaspéré, les enfants se débandèrent et s’enfuirent.
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