Kitabı oku: «Призрак оперы. Уровень 1 / Le Fantome de l`Opera», sayfa 10
Et puis, et puis, cette voix d'homme derrière la porte: «Il faut m'aimer!» et personne dans la loge…
Pourquoi avait-elle ri quand il lui avait dit: «Je suis le petit enfant qui a ramassé votre écharpe dans la mer»? Pourquoi ne l'avait-elle pas reconnu? Et pourquoi lui avait-elle écrit?
Pendant le temps qu'il marche son cœur bat très fort. La première personne qu'il aperçoit en entrant dans la vieille salle enfumée de l'auberge est la maman Tricard. Elle le reconnaît. Elle lui fait des compliments. Elle lui demande ce qui l'amène. Il rougit. La porte s'ouvre. Il est debout. Il ne s'est pas trompé: c'est elle! Il veut parler, il retombe. Elle reste devant lui souriante, nullement étonnée. Sa figure est fraîche et rose comme une fraise venue à l'ombre. Raoul et Christine se regardent longuement. Enfin Christine parle:
«Vous êtes venu et cela ne m'étonne point. On m'avait annoncé votre arrivée.
– Qui donc?» demande Raoul, en prenant dans ses mains la petite main de Christine.
«Mais, mon pauvre papa qui est mort.»
Il y a eu un silence entre les deux jeunes gens131.
Puis, Raoul reprend:
«Est-ce que votre papa vous a dit que je vous aimais, Christine, et que je ne puis vivre sans vous?»
Christine rougit. Elle dit, la voix tremblante:
«Moi? Vous êtes fou, mon ami.
– Ne riez pas, Christine, c'est très sérieux.
– J'ai vous fait venir ici. J'ai pensé que vous allez vous souvenir des jeux de notre enfance. Au fond, j'ai peut-être eu tort de vous écrire… Votre apparition l'autre soir dans ma loge, m'avait reporté loin dans le passé, et je vous ai écrit comme une petite fille que j'étais alors, qui serait heureuse de revoir, dans un moment de tristesse et de solitude, son petit camarade à côté d'elle… Je vous avais déjà aperçu plusieurs fois dans la loge de votre frère. Et puis aussi sur le plateau.
– Pourquoi avez-vous répondu comme si vous ne me connaissiez point? Il y avait quelqu'un dans cette loge qui vous gênait, Christine! quelqu'un à qui vous ne vouliez point montrer que vous pouviez vous intéresser à une autre personne qu'à lui!..
– Que dites-vous, monsieur?
– Je parle de quelqu'un à qui vous avez dit: «Je ne chante que pour vous! Je vous ai donné mon âme ce soir, et je suis morte!»
– Vous écoutiez donc derrière la porte?
– Oui! parce que je vous aime… Et j'ai tout entendu…
– Vous avez entendu quoi?» Et la jeune fille, redevenue étrangement calme, laisse le bras de Raoul.
«Il vous a dit: Il faut m'aimer!»
À ces mots Christine devient pâle, elle a l'air qu'elle va tomber132.
«Dites! dites encore! dites tout ce que vous avez entendu!»
Elle a commencé à pleurer et est sortie de la salle.
Triste et découragé Raoul est allé à la cimetière qui entourait l'église où Christine avait dit une messe pour le repos de l'âme133 du père Daaé. Il a prié pour Daaé et est allé vers la mer. C'était le soir, mais il ne sentait pas le froid. C'était là, à cette place, qu'il était venu souvent, à la tombée du jour, avec la petite Christine.
Raoul a remarqué un ombre. C'était elle. Christine voulait parler.
«Écoutez-moi, Raoul, j'ai décidé à vous dire quelque chose de grave, de très grave!»
Sa voix tremblait.
«Vous rappelez-vous, Raoul, la légende de l'Ange de la musique? Mon père est au ciel et, comme il avait promis, j'ai reçu la visite de l'Ange de la musique.
– Je n'en doute pas», a répliqué le jeune homme gravement. Il pensait que son amie mêlait le souvenir de son père à l'éclat de son dernier triomphe.
«Il vient dans ma loge et me donne ses leçons quotidiennes.»
«Dans votre loge? a répété Raoul comme un écho stupide.
– Oui, c'est là que je l'ai entendu et je n'ai pas été seule à l'entendre…
– Qui donc l'a entendu encore, Christine?
– Vous, mon ami.
– Moi? j'ai entendu l'Ange de la musique?
– Oui, l'autre soir, c'est lui qui parlait quand vous écoutiez derrière la porte de ma loge. C'est lui qui m'a dit: «Il faut m'aimer.» Mais je croyais bien être la seule à percevoir sa voix.134»
Raoul a commencé à rire.
«Pourquoi riez-vous? Je ne vous reconnais plus. Mais que croyez-vous donc? Si vous aviez ouvert la porte, vous auriez vu qu'il n'y avait personne!135
– C'est vrai! Quand vous avez été partie, j'ai ouvert cette porte et je n'ai trouvé personne dans la loge…
– Vous voyez bien… alors?»
Le vicomte a fait appel à tout son courage136.
«Alors, Christine, je pense qu'on se moque de vous!»
«Laissez-moi! laissez-moi!» a crié-elle et elle a disparu.
Raoul est revenu à l'auberge très découragé et très triste.
On lui a dit que Christine est chez elle, et elle n'allait pas descendre pour dîner. Après le repas Raoul a essayé de lire, puis, il a essayé de dormir. Que faisait Christine? Dormait-elle? Et si elle ne dormait point, à quoi pensait-elle? Et lui, à quoi pensait-il?
Ainsi les heures passaient très lentes; il pouvait être onze heures et demie de la nuit quand il a entendu les pas dans la chambre voisine de la sienne. C'était un pas léger, furtif. Le jeune homme s'est habillé très vite sans faire le moindre bruit137. Où allait Christine à cette heure? Il a ouvert un peu la porte et il a vu la forme blanche de Christine qui glissait dans le corridor et puis elle est sortie de la maison. Raoul est revenu vers la fenêtre.








