Kitabı oku: «Призрак оперы. Уровень 1 / Le Fantome de l`Opera», sayfa 11
M. le commissaire Mifroid quelques semaines plus tard, quand le drame de l'Opéra s'est développé, a interrogé le vicomte de Chagny sur les événements de la nuit de Perros, et voici quelques transcriptions du dossier d'enquête.
Demande. – Mlle Daaé ne vous avait pas vu descendre de votre chambre par le singulier chemin que vous aviez choisi?
Réponse. – Non, monsieur, non, non. Elle ne semblait point m'entendre et, de fait, elle agissait comme si je n'avais pas été là. Elle a quitté tranquillement le quai et puis, tout à coup, est remontée rapidement le chemin. L'horloge de l'église venait de sonner minuit moins un quart. Ainsi elle est arrivée à la porte du cimetière.
D. – La porte du cimetière était-elle ouverte?
R. – Oui, monsieur, et cela m'a surpris, mais n'a nullement étonner Mlle Daaé.
D. – Il n'y avait personne dans le cimetière?
R. – Je n'ai personne vu. La nuit était claire.
D. – On ne pouvait pas se cacher derrière les tombes?
R. – Non, monsieur. C'était très beau, très transparent et très froid. Je n'étais jamais allé la nuit dans les cimetières.
D. – Vous êtes superstitieux?
R. – Non, monsieur, je suis croyant.
D. – Dans quel état d'esprit étiez-vous?138
R. – Très sain et très tranquille. J'étais simplement étonné qu'elle ne m'a pas encore entendu marcher derrière elle, car la neige craquait sous mes pas. Mais sans doute elle était tout absorbée par sa pensée. J'ai décidé de ne la point troubler et, quand elle est arrivée à la tombe de son père, je suis resté à quelques pas derrière elle. Elle a commencé de prier. À ce moment, minuit est sonné. Après le douzième coup 'ai vu la jeune fille relever la tête; elle m'a paru en extase et elle a regardé à quelqu'un invisible, l'invisible qui nous jouait de la musique. Et quelle musique! Nous la connaissions déjà! Christine et moi l'avions déjà entendue en notre jeunesse. Mais jamais sur le violon du père Daaé. Je me suis rappelé ce que Christine venait de me dire de l'Ange de la musique. Oh! je me rappelais l'admirable mélodie. C'était la Résurrection de Lazare139, que le père Daaé nous jouait dans ses heures de tristesse et de foi. Daaé avait été enterré avec son violon et, en vérité, mon imagination ne pouvait pas s'arrêter. Mais la musique s'était fini et j'ai retrouvé mes sens. Il m'a semblé entendre du bruit du côté de la tombe.
D. – Ah! ah! vous avez entendu du bruit du côté de la tombe?
R. – Oui, il m'a paru que les têtes de morts ricanaient maintenant et je n'ai pu m'empêcher de frissonner.
D. – Vous n'avez point pensé tout de suite que derrière la tombe pouvait se cacher justement le musicien céleste qui venait de tant vous charmer?
R. – Je ne bougeais point, les yeux fixés vers la tombe, j'ai oublié de suivre Mlle Daaé qui est sortie du cimetière. Une tête de mort a roulé à mes pieds… puis une autre… puis une autre… J'ai vu un ombre qui a pénétré dans l'église. L'ombre avait un manteau. J'ai vu, monsieur le juge, comme je vous vois, une effroyable tête de mort qui regardait sur moi avec un regard où brûlaient les feux de l'enfer. J'ai pensé avoir affaire à Satan lui-même140 et je n'ai plus souvenir de rien jusqu'au moment où je me suis réveillé dans ma petite chambre de l'auberge du Soleil-Couchant.








