Kitabı oku: «Призрак оперы. Уровень 1 / Le Fantome de l`Opera», sayfa 6
– Qu'est-ce que ça signifie? a demandé M. Moncharmin. Pensent-ils que parce qu'ils ont été directeurs de l'Opéra nous allons leur donner une loge pour toute la vie?»
«Au fait, qu'est-ce qu'ils veulent? a dit M. Richard, une loge pour ce soir?»
M. Firmin Richard a donné l'ordre à son secrétaire d'envoyer la première loge n° 5 à MM. Debienne et Poligny, si elle n'était pas louée.
Elle ne l'était pas. Moncharmin a examiné les enveloppes. MM. Debienne et Poligny habitaient: le premier, au coin de la rue Scribe et du boulevard des Capucines; le second, rue Auber. Les deux lettres du fantôme F. de l'Opéra avait été mises au bureau de poste du boulevard des Capucines.
«As-tu vu comme ils nous traitent à propos de89 la Carlotta, de la Sorelli et de la petite Jammes? Il faut quand même être polis!90 a observé Moncharmin.
– Eh bien, cher, ces gens-là sont malades de jalousie!.. Quand je pense qu'ils sont allés jusqu'à payer une petite correspondance à la Revue théâtrale!.. Ils n'ont donc plus rien à faire?91
À propos! a dit encore Moncharmin, ils ont l'air de s'intéresser beaucoup92 à la petite Christine Daaé…»
Là-dessus, Firmin Richard a donné l'ordre à l'huissier de faire entrer les artistes. Toute cette journée s'est passé en discussions, pourparlers, signatures ou ruptures de contrats. Les directeurs étaient autant fatigués qu'ils ne sont pas allés vérifier la loge n° 5, pour savoir si MM. Debienne et Poligny trouvaient le spectacle à leur goût93.
Le lendemain matin, MM. Richard et Moncharmin ont trouvé dans leur courrier, d'une part94, une carte de remerciement du fantôme, ainsi conçue:
«Mon cher Directeur,
Merci. Charmante soirée. Daaé exquise. Soignez les chœurs. La Carlotta, magnifique et banal instrument. Vous vais écrire bientôt pour les 240 000 francs, – exactement 233 424 fr 70; MM. Debienne et Poligny m'ayant fait parvenir les 6575 fr 30, représentant les dix premiers jours de ma pension de cette année, – leurs privilèges finissant le 10 au soir.
Serviteur
F. de l'O.»
D'autre part95, une lettre de MM. Debienne et Poligny:
«Messieurs,
Nous vous remercions de votre aimable attention, mais vous comprendrez facilement que la perspective de réentendre Faust, si douce soit-elle à d'anciens directeurs de l'Opéra, ne peut nous faire oublier que nous n'avons aucun droit à occuper la première loge n° 5, qui appartient exclusivement à celui dont nous vous avons parlé, en relisant avec vous, une dernière fois, le cahier des charges, – dernier alinéa de l'article 63.
Veuillez agréer96, messieurs, etc.»
«Ah! mais, ils commencent à m'agacer, ces gens-là!» a déclaré violemment Firmin Richard.»
Ce soir-là, la première loge n° 5 était louée.
Le lendemain MM. Richard et Moncharmin ont trouvé un rapport d'inspecteur à propos les événements la veille au soir dans la première loge n° 5. Voici le passage essentiel du rapport, qui est bref:
«J'ai été dans la nécessité97, écrivait l'inspecteur, d'appeler ce soir un garde municipal pour faire évacuer par deux fois, au commencement et au milieu du second acte, la première loge n° 5. Les occupants – ils sont arrivés au commencement du second acte et causaient un véritable scandale par leurs rires et leurs réflexions saugrenues. La salle commençait à protester quand l'ouvreuse est venue me trouver. Ces gens paraissaient fous et parlaient des choses stupides. J'ai leur a dit qu'ils devraient quitter la loge et je suis revenu avec un garde municipal qui les a fait sortir. Ils ont déclaré, toujours en riant, que je dois leur rendre leur argent. Enfin, ils se sont calmés, et je les ai laissés rentrer dans la loge; aussitôt les rires ont recommencé, et, cette fois, je les ai fait sortir définitivement.»
«Qu'on fasse venir l'inspecteur98», a crié Richard à son secrétaire.
L'inspecteur est entré, un peu inquiet.
«Racontez-nous ce qui s'est passé», a dit brusquement Richard.
L'inspecteur a répété tout ce qui était dans le rapport.
«Enfin! ces gens-là, pourquoi riaient-ils? a demandé Moncharmin.
– Monsieur le directeur, ils devaient avoir bien dîné et paraissaient plus préparés à faire des farces qu'à écouter de la bonne musique. Quand ils sont arrivés, ils ont dit à l'ouvreuse: «Regardez dans la loge, il n'y a personne, n'est-ce pas?.. – Non, a répondu l'ouvreuse. – Eh bien, ont-ils affirmé, quand nous sommes entrés, nous avons entendu une voix qui disait qu'il y avait quelqu'un.»
M. Moncharmin ne pouvait pas regarder M. Richard sans sourire, mais M. Richard, lui, ne souriait point.
«Enfin, quand ces gens-là sont arrivés, a demandé Richard, il n'y avait personne dans la loge?
– Personne, monsieur le directeur! personne! Ni dans la loge de droite, ni dans la loge de gauche, personne, je vous le jure99! et c'est ce qui prouve bien que tout cela n'est qu'une plaisanterie.100








