Kitabı oku: «Призрак оперы. Уровень 1 / Le Fantome de l`Opera», sayfa 7
– Et l'ouvreuse, qu'est-ce qu'elle a dit?
– Oh! pour l'ouvreuse, c'est bien simple, elle dit que c'est le fantôme de l'Opéra. Alors!»
La physionomie de M. Richard, de sombre qu'elle était, est devenue farouche.
«Allez me chercher l'ouvreuse! a-il commandé… Tout de suite! Mettez tout ce monde-là à la porte!»
L'inspecteur voulait protester, mais Richard lui a fermé la bouche: «Taisez-vous! Vous l'avez vu, vous, le fantôme de l'Opéra?»
Par un geste énergique de la tête, l'inspecteur a nié qu'il l'avait vu.
«Tant pis101! a déclaré froidement M. Richard. Parce que je vais faire régler leur compte à tous ceux qui ne l'ont pas vu!102 J'aime qu'on fasse son service, moi!103»
V
Suite de «la loge n° 5»
Par les soins de M. Rémy104, on a trouvé l'ouvreuse, qui était concierge rue de Provence, à deux pas105 de l'Opéra.
«Comment vous appelez-vous?
– Mame Giry. Vous me connaissez bien, monsieur le directeur; c'est moi la mère de la petite Giry, la petite Meg, quoi!»
M. Richard a regardé Mame Giry. On voyait bien, à l'attitude de M. le directeur, qu'il ne connaissait nullement Mame Giry, ni même la petite Giry, ni même la petite Meg! Mais l'orgueil de Mame Giry était tel que cette ouvreuse s'imaginait être connue de tout le monde.
«Vous et M. l'inspecteur, hier soir vous avez appeler un garde municipal… s'est intéressé M. le directeur.
– J'voulais justement vous voir pour vous en parler, m'sieur le directeur. MM. Debienne et Poligny… Eux, non plus, ils ne voulaient pas m'écouter…
– Je ne vous demande pas tout ça. Je vous demande ce qui vous est arrivé hier soir!»
Mame Giry est devenue rouge d'indignation. On ne lui avait jamais parlé sur un ton pareil. Elle s'est levée comme pour partir, mais, elle s'est rassise et a dit d'une voix rogue:
«Il est arrivé qu'on a encore embêté le fantôme!»
Madame Giry entendait la voix dans une loge où il n'y avait personne. Elle ne pouvait s'expliquer ce phénomène. Ce fantôme, personne ne le voyait dans la loge, mais tout le monde pouvait l'entendre. Elle a dit qu'elle ne mentait jamais et on pouvait demander à MM. Debienne et Poligny et à tous ceux qui la connaissaient, et aussi à M. Isidore Saack, à qui le fantôme avait cassé la jambe!
«Le fantôme a cassé la jambe à ce pauvre Isidore Saack?» a interrompu Moncharmin.
Mame Giry tousse, assure sa voix… elle commence…
«Voilà, monsieur. Il y avait, ce soir-là, au premier rang, M. Maniera et sa dame et, derrière Mme Maniera, leur ami intime, M. Isidore Saack. Méphistophélès chantait, et alors M. Maniera entend dans son oreille droite (sa femme était à sa gauche) une voix. M. Maniera se retourne à droite, personne! Il se frotte l'oreille. Méphistophélès continue sa chanson (Mame Giry chantait pour recréer la situation) et aussitôt M. Maniera entend, toujours dans son oreille droite, la voix qui lui dit: «Ah! ah! Julie ne refuserait pas un baiser à Isidore106?» Là-dessus, il se retourne, mais, cette fois, du côté il y a Isidore qui a pris la main sa dame et qui la couvrait de baisers. Clic! Clac! M. Maniera, qui était grand et fort comme vous, monsieur Richard, a distribué une paire de gifles107 à M. Isidore Saack, qui était mince et faible comme M. Moncharmin. C'était un scandale. Dans la salle, on criait: «Assez! Assez!.. Il va le tuer!..» Enfin, M. Isidore Saack a pu s'échapper…
– Le fantôme ne lui a donc pas cassé la jambe?» demande M. Moncharmin.
«Il la lui a cassée, mossieu, réplique Mame Giry. Il la lui a cassée dans la grande escalier, qu'il descendait trop vite, mossieu!
– C'est mossieu Maniera qui vous a raconté tout cela. Mais vous, vous avez déjà parlé au fantôme, ma brave dame?
– Comme je vous parle, mon brav' mossieu…
– Et quand il vous parle, le fantôme, qu'est-ce qu'il vous dit?
– Eh bien, il me dit de lui apporter un p'tit banc pour ça dame! Lui, il a une douce voix d'homme! Il arrive toujours vers le milieu du premier acte, il frappe trios fois à la porte de la loge n° 5. Cette fois, la voixétait assise sur le premier fauteuil du premier rang à droite. La loge n°7 comme la loge n°3 à gauche n'étaient pas encore occupées.
– Et qu'est-ce que vous avez fait?
– J'ai apporté le petit banc. À la fin du spectacle, il me donne toujours une pièce de quarante sous, quelquefois cent sous, quelquefois même dix francs. Il les laisse sur la tablette de la loge. Je les trouve là avec le programme que je lui apporte toujours; des soirs je retrouve même des fleurs dans ma loge, une rose qui était tombée du corsage de sa dame. Seulement, maintenant, il ne me donne plus rien du tout…»
Cette fois, Richard a commencé à rire de compagnie avec Moncharmin et le secrétaire Rémy; mais, instruit par l'expérience108, l'inspecteur ne riait plus.
«Vous devrez rendre compte du fantôme comme M. Poligny. Une fois M. Poligny voulait assister, tout seul, dans la loge du fantôme, à la représentation. Quand la chanteuse a commencé a chanter «Fuyons!» M. Poligny s'est levé tout droit, et est parti raide comme une statue. Il était plus pâle qu'un mort!109 Il marchait comme dans un mauvais rêve, et il ne souvenait pas son chemin.








