Kitabı oku: «Призрак оперы. Уровень 1 / Le Fantome de l`Opera», sayfa 2
Ce lieutenant de pompiers s'appelait Papin.
La Sorelli elle-même, entourée de toutes les danseuses, avait, – au lendemain de l'histoire du lieutenant de pompiers, – sur la table un fer à cheval30.
Voilà qui donne assez rapidement un aperçu de l'état d'âme de ces demoiselles31, le soir où nous pénétrons avec elles dans la loge de la Sorelli.
«C'est le fantôme!» s'est écriée la petite Jammes. «Écoutez!»
Aucun bruit de pas. La Sorelli s'est avancée vers la porte, et a demandé:
«Qui est là?»
Mais personne ne lui a répondu.
Alors, elle s'est forcée à être brave et a dit très fort:
«Il y a quelqu'un derrière la porte?»
Puis la Sorelli, armée d'un stylet qui ne la quittait jamais, a osé tourner la clef dans la serrure, et ouvrir la porte.
Le couloir était désert. Et la danseuse a refermé la porte.
«Et pourtant, nous l'avons bien vu! a affirmé encore Jammes. Il doit être quelque part, par-là.»
La Sorelli a dit aux petites danseuses:
«Mes enfants, il faut vous «remettre»!32 Le fantôme? Personne ne l'a peut-être jamais vu!
– Si! si! Nous l'avons vu!.. nous l'avons vu tout à l'heure! ont repris les petites.
– Chut! M'man dit que le fantôme n'aime pas qu'on l'ennuie!33 – a dit Meg.
– Et pourquoi ta mère dit ça?
– Parce que… Parce que… rien… J'ai juré de ne rien dire!»
Mais elles ne lui ont laissé point de repos34 et Meg, qui brûlait du désir35 de raconter ce qu'elle savait, a commencé, les yeux fixés sur la porte:
«Voilà… c'est à cause de la loge…
– Quelle loge?
– La loge du fantôme! C'est la première loge, numéro 5, vous savez bien, la première loge à côté de l'avant-scène de gauche. C'est m'man qui en est l'ouvreuse… Mais vous me jurez bien de ne rien raconter?
– Mais oui, va!..
– Eh bien, c'est la loge du fantôme… Personne n'y va depuis plus d'un mois, excepté le fantôme, bien entendu, et on a donné l'ordre à l'administration de ne plus jamais la louer… On ne voit pas le fantôme! Et il n'a pas d'habit et de tête!.. On l'entend seulement quand il est dans la loge. M'man ne l'a jamais vu, mais elle l'a entendu… et pour sûr que Joseph Buquet a tort de s'occuper de choses qui ne le regardent pas36… ça va lui porter malheur…37»
À ce moment, on a entendu une voix qui criait:
«Cécile! Cécile! es-tu là?
– C'est la voix de maman! a dit Jammes. Qu'y a-t-il?»
Et elle a ouvert la porte. Une honorable dame est entrée dans la loge et tombée dans un fauteuil.
«Quel malheur! a-t-elle dit!.. Quel malheur!
– Quoi? Quoi?
– Joseph Buquet…
– Eh bien, Joseph Buquet…
– Joseph Buquet est mort! On vient de le trouver pendu dans le troisième dessous!.. Mais le plus terrible, continuait la pauvre dame, le plus terrible est que les machinistes qui ont trouvé son corps, prétendent qu'on entendait autour du cadavre le chant des morts38!
– C'est le fantôme!» a dit la petite Meg Giry.
La vérité est39 qu'on n'a jamais bien su comment était mort Joseph Buquet. L'enquête n'a donné aucun résultat. Dans les Mémoires d'un Directeur, M. Moncharmin, qui était l'un des deux directeurs, est écrit:
«Le temps que je mis à dégringoler l'escalier40, le pendu n'avait déjà plus sa corde!»
II
La Marguerite nouvelle
Tout le monde est allé vers le foyer de la danse41, où il y avait déjà beaucoup de gens.
Le compte de Chagny a exclamé:
«Ah! Sorelli, quelle belle soirée! Et Christine Daaé: quel triomphe!
– Pas possible! protestait Meg Giry. Il y a six mois, elle chantait comme un clou!»
Tout le triomphe était pour Christine Daaé, qui chantait d'abord dans quelques passages de Roméo et Juliette. La salle, tout entière, saluait Christine. Elle semblait avoir rendu l'âme42.
Le comte de Chagny avait assisté, debout dans sa loge, il a crié ses bravos éclatants43.
On disait qu'elle venait d'aimer pour la première fois! L'amour seul est capable d'accomplir un pareil miracle44, une telle transformation.
Le comte de Chagny (Philippe-Georges-Marie) avait alors exactement quarante et un ans. C'était un grand seigneur et un bel homme. D'une taille au-dessus de la moyenne, d'un visage agréable, malgré des yeux un peu froids. Il avait un cœur excellent et une honnête conscience. La fortune des Chagny était considérable. Ses deux sœurs et son frère Raoul ne voulaient point entendre parler de partage.
Quand le vieux comte était mort, Raoul avait douze ans. Philippe s'est occupé activement de l'éducation de l'enfant. Raoul est entré à Saint-Cyr45, il était là dans les premiers numéros46.
La timidité de ce marin, son innocence, était remarquable. À cette époque, il avait un peu plus de vingt et un ans et en paraissait dix-huit. Il avait une petite moustache blonde, de beaux yeux bleus et un teint de fille.
Philippe gâtait beaucoup Raoul. Il l'emmenait partout avec lui, il lui a fait même connaître le foyer de la danse. Cependant il restait célibataire.








