Kitabı oku: «Призрак оперы. Уровень 1 / Le Fantome de l`Opera», sayfa 3
Philippe, après avoir applaudi ce soir-là la Daaé, s'était tourné du côté de Raoul, et l'avait vu très pâle.
«Vous ne voyez donc point, avait dit Raoul, que cette femme se trouve mal?47»
En effet, sur la scène, on devait soutenir Christine Daaé.
«C'est toi qui vas défaillir… a dit le comte à Raoul. Qu'as-tu donc?»
Mais Raoul était déjà debout.
«Allons! a-t-il dit, la voix frémissante. – C'est la première fois qu'elle chante comme ça!»
Ils ont pénétré sur le plateau. Raoul n'avait jamais été moins timide. Il était uniquement préoccupé du désir de voir celle dont la voix magique lui avait arraché le cœur48. Oui, il sentait bien que son pauvre cœur tout neuf ne lui appartenait plus.
Il avait bien essayé de le défendre depuis le jour où Christine, qu'il avait connue toute petite, lui était réapparue. Il ne pouvait pas même penser à épouser une chanteuse!
Le comte Philippe avait peine à49 le suivre.
La belle enfant n'avait pas encore repris connaissance50, et on était allé chercher le docteur du théâtre, qui est arrivé très vite.
Le médecin et l'amoureux se sont trouvés dans le même moment aux côtés de Christine, qui recevait les premiers soins de l'un et a ouvert les yeux dans les bras de l'autre.
«Ne trouvez-vous point, docteur, que ces messieurs devraient «dégager» un peu la loge? a demandé Raoul. On ne peut plus respirer ici.
– Mais vous avez parfaitement raison», a dit le docteur, et il a mis tout le monde à la porte51, à l'exception de Raoul et de la femme de chambre52.
Le docteur s'est imaginé que si le jeune homme agissait ainsi, c'était évidemment parce qu'il en avait le droit53.
Dans la loge, Christine Daaé a poussé un profond soupir et elle a tourné la tête vers Raoul. Elle a regardé le docteur auquel elle a sourit, puis sa femme de chambre, puis encore Raoul.
«Monsieur! a-t-elle demandé à ce dernier, d'une voix qui n'était encore qu'un souffle… qui êtes-vous?
– Mademoiselle, a répondu le jeune homme qui a mis un genou en terre et a baisé la main de la diva, mademoiselle, je suis le petit enfant qui est allé ramasser votre écharpe dans la mer.»
Christine regardait encore le docteur et la femme de chambre et tous trois se sont mis à rire54. Raoul s'est relevé très rouge.
«Je vous remercie, docteur!.. a dit tout à coup Christine. J'ai besoin de rester seule… Allez-vous-en tous!55 je vous en prie… laissez-moi… Je suis très nerveuse ce soir…»
Le médecin s'en est allé avec Raoul. Il a dit:
«Je ne la reconnais plus ce soir…»
Et ils sont sortis.
Raoul est resté seul. Il a attendu dans la solitude et le silence. Soudain la loge s'est ouvert et il a vu la femme de chambre qui s'en est allée toute seule, emportant des paquets. Il l'a arrêté au passage et lui a demandé des nouvelles de sa maîtresse. Elle lui a répondu en riant que celle-ci allait tout à fait bien. Une idée a traversé la cervelle de Raoul: Évidemment la Daaé voulait rester seule pour lui!.. Il s'est rapproché de sa loge et voulait frapper. Mais il s'est arrêté. Il a entendu, dans la loge, une voix d'homme:
«Christine, il faut m'aimer!»
Et la voix de Christine a répondu:
«Comment pouvez-vous me dire cela? Moi qui ne chante que pour vous!56»
Raoul souffrait. Il a pris son cœur à deux mains pour le faire taire.
La voix d'homme a repris:
«Vous devez être bien fatiguée57?
– Oh! ce soir, je vous ai donné mon âme et je suis morte.
– Ton âme est bien belle, mon enfant, a repris la voix grave d'homme et je te remercie. Les anges ont pleuré ce soir.»
Après ces mots: les anges ont pleuré ce soir, le vicomte n'entendait plus rien. Il s'est rejeté dans son coin d'ombre, a décidé à attendre là. À sa grande stupéfaction58 la porte s'est ouverte, et Christine Daaé est sortie seule. Elle a refermé la porte, mais Raoul a observé qu'elle n'a refermé point à clef. Il a ouvert la porte de la loge et l'a refermé derrière lui. Il se trouvait dans l'obscurité.
«Il y a quelqu'un ici! a dit Raoul. Pourquoi se cache-t-il?»
Raoul n'entendait que le bruit de sa propre respiration. Et il fait craquer une allumette59. La flamme a éclairé la loge. Il n'y avait personne dans la loge!
«Ah çà! a-t-il dit tout haut, est-ce que je deviens fou?»
Il est sorti. Il ne savait pas quoi faire, où aller. Il se trouvait au bas d'un étroit escalier. Derrière lui, un cortège d'ouvriers descendait avec un brancard couvert avec un linge blanc.
«Qu'est-ce que c'est que ça60?» a-t-il demandé.
L'ouvrier a répondu:
«Ça, c'est Joseph Buquet que l'on a trouvé pendu dans le troisième dessous.»
Il s'est effacé devant le cortège, a salué et est sorti.








