Kitabı oku: «Призрак оперы. Уровень 1 / Le Fantome de l`Opera», sayfa 4
III
Où, pour la première fois, MM. Debienne et Poligny donnent, en secret, aux nouveaux directeurs de l'opéra, MM. Armand Moncharmin et Firmin Richard, la véritable et mystérieuse raison de leur départ de l'académie nationale de musique
Pendant ce temps la cérémonie des adieux avait lieu61.
J'ai dit que cette fête magnifique était donnée par MM. Debienne et Poligny à l'occasion de62 leur départ de l'Opéra. Ils voulait mourir comme nous disons aujourd'hui: en beauté.
Tout le monde était au foyer de la danse.
À Paris, on est toujours au bal masqué et MM. Debienne souriaient déjà trop à la Sorelli, qui commençait son compliment quand une réclamation de cette petite folle de Jammes a brisé le sourire63 de MM. les directeurs:
«Le fantôme de l'Opéra!»
Jammes avait jeté cette phrase sur un ton de terreur et son doigt désignait dans la foule des habits noirs un visage.
«Le fantôme de l'Opéra! Le fantôme de l'Opéra!»
Mais le fantôme de l'Opéra a disparu!
La Sorelli était furieuse: elle n'avait pas pu achever son discours; MM. Debienne et Poligny l'a embrassée, remerciée et ils sont sauvés aussi rapides que le fantôme lui-même. Nul ne s'en est étonné, car on savait qu'ils devaient avoir la même cérémonie à l'étage supérieur, au foyer du chant. Leurs amis intimes étaient reçus une dernière fois dans le grand vestibule du cabinet directorial, où un véritable souper les attendait.
Et c'est là que nous les retrouvons avec les nouveaux directeurs MM. Armand Moncharmin et Firmin Richard.
Le souper était presque gai. MM. Debienne et Poligny avaient déjà remis à MM. Armand Moncharmin et Firmin Richard les deux clefs minuscules, les passe-partout64 qui ouvraient toutes les portes de l'Académie nationale de musique. Ces petites clefs passaient de main en main65 quand quelqu'un a découvert cette étrange et fantastique figure aux yeux caves au bout de la table, qui était déjà apparue au foyer de la danse et qui avait été saluée par la petite Jammes de cette apostrophe: «le fantôme de l'Opéra!»
Il n'a pas prononcé un mot. Les amis de MM. Firmin Richard et Armand Moncharmin croyaient qu'il était un intime de MM. Debienne et Poligny66, tandis que les amis de MM. Debienne et Poligny pensaient qu'il était du coté de MM. Richard et Moncharmin.
MM. Debienne et Poligny, placés au milieu de la table, n'ont pas encore aperçu l'homme à la tête de mort, quand celui-ci s'est mis tout à coup à parler67.
«Les rats ont raison, a-t-il dit. La mort de ce pauvre Buquet n'est peut-être point si naturelle qu'on le croit68.»
Debienne et Poligny ont sursauté.
«Buquet est mort? se sont-ils écriés.
– Oui, a répliqué tranquillement l'homme ou l'ombre d'homme… Il a été trouvé pendu, ce soir, dans le troisième dessous.»
Les deux directeurs sont devenus plus pâles que la nappe. Enfin, Debienne a fait un signe à MM. Richard et Moncharmin: Poligny a prononcé quelques paroles d'excuse à l'adresse des invités, et tous quatre sont passés dans le bureau directorial. Je laisse la parole à M. Moncharmin.
«MM. Debienne et Poligny semblaient de plus en plus agités, raconte-t-il dans ses mémoires. Ils nous ont donné le conseil de faire de nouvelles serrures, dans le plus grand secret, pour les appartements et les cabinets. Ils étaient si drôles en disant cela, que nous nous sommes mis à rire en leur demandant s'il y avait des voleurs à l'Opéra? Ils nous ont répondu qu'il y avait quelque chose de pire. C'était le fantôme. Richard hochait la tête69 avec tristesse. Cependant, malgré tous nos efforts, nous n'ont pas pu, à la fin, nous empêcher de «pouffer» à la barbe70 de MM. Debienne et Poligny.
Richard a demandé: «Mais enfin qu'est-ce qu'il veut ce fantôme-là?»
M. Poligny s'est dirigé vers son bureau et en revenu avec une copie du cahier des charges71.
Cette copie, a dit M. Moncharmin, était à l'encre noire et entièrement conformait à celle que nous possédions.
Mais sous l'article 98 il y avait une écriture bizarre et tourmentée, comme écriture d'enfant:
5° Le directeur ne doit pas retarder de plus de quinze jours la mensualité qu'il doit au fantôme de l'Opéra, mensualité fixée jusqu'à nouvel ordre à 20 000 francs – 240 000 francs par an.»
«C'est tout? Il ne veut pas autre chose? a demandé Richard avec sang-froid.
– Si, a répliqué Poligny.»
Et il a feuilleté encore le cahier des charges et lu:
«Art. 63. – La grande avant-scène de droite des premières n° i, sera réservée à toutes les représentations pour le chef de l'État…»
Et encore, en fin de cet article, M. Poligny nous a montré une ligne à l'encre rouge qui y avait été ajoutée.
«La première loge n° 5 sera mise à toutes les représentations à la disposition du fantôme de l'Opéra.»
Sur ce dernier coup72, nous ne pouvaient que nous lever et serrer chaleureusement les mains de nos deux prédécesseurs en les félicitant d'avoir imaginé cette charmante plaisanterie.








