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Kitabı oku: «Dharma: telles que sont les choses. Expérience vécue et réalisations d’un pratiquant spirituel. Volume I. L’Univers», sayfa 4
La vision intégrale du Dharma
«Le bouddhisme est une structure érigée autour de la conscience profonde de son fondateur. Le style et les matériaux de cette structure extérieure peuvent évoluer au fil du temps, mais le sens intérieur, l'essence de l'état de Bouddha, sur lequel repose l'ensemble de l'édifice, demeure inchangé et toujours vivant.»18
Mon chemin spirituel a commencé en 1991 avec l'étude des arts martiaux. Assez rapidement, j'ai pris conscience que ces disciplines possédaient un fondement spirituel profond (à l'époque, on utilisait souvent l'expression «philosophie orientale») et qu'en réalité, elles en étaient elles-mêmes une forme. Désireux d'élargir les limites de ma compréhension, j'ai commencé à étudier et à pratiquer le taoïsme et le bouddhisme Zen. C'était en 1992, année que je considère comme le véritable commencement de ma pratique spirituelle approfondie. Un peu plus tard, j'ai intégré à ma démarche l'étude et la pratique du Hatha Yoga, qui constitue la base de l'un des principaux courants du yoga dans son ensemble: le Râja Yoga. Après avoir acquis une certaine expérience du Râja Yoga, j'ai poursuivi avec la pratique du Kundalinî Yoga. Enfin, je me suis tourné vers l'étude du bouddhisme ancien (Theravâda) et tantrique. Un être humain doit toujours rester un élève, un apprenant: c'est pourquoi j'étudie et je pratique encore aujourd'hui les enseignements mentionnés ci-dessus. Je partagerai dans la suite de ce texte l'essentiel de ces enseignements ainsi que mon expérience personnelle.
J'ai étudié et pratiqué librement tous ces Grands Enseignements, et aucun des Maîtres ne m'a jamais attiré vers sa propre voie – sauf quelques rares exceptions, que j'ai toujours trouvées regrettables. Par exemple, avec un Maître du Râja Yoga, nous pouvions discuter pendant des heures de l'enseignement du Mahâyâna. Avec un Maître de méditation du Sri Lanka, nous parlions du kenshô (le premier Éveil) et du Zen. Avec un lama tibétain, nos échanges portaient à la fois sur le Yoga et le Theravâda. Avec un Maître Zen, nous discutions non seulement de mon «aperçu du Bouddha», mais aussi du Yoga Soûtras de Patanjali et des méditations du Vajrayâna. En poursuivant ma pratique et en recevant des conseils précieux des maîtres spirituels issus de diverses traditions, ayant atteint un haut niveau de réalisation, j'en suis venu à une compréhension essentielle: aucun enseignement authentique ne contredit un autre; autrement dit, chaque enseignement – qu'il s'agisse du bouddhisme (du Sud ou du Nord), du yoga ou du taoïsme – contient, d'une manière ou d'une autre, l'intégralité de la Loi, la totalité du Dharma – c'est ce que je vais m'efforcer de démontrer tout au long de ce livre.
Cependant, chaque enseignement met l'accent sur certaines parties de la Loi et en développe certains aspects avec plus de détails et de profondeur. Ainsi, par exemple, si vous voulez en savoir plus sur l'énergie et commencer une pratique pour l'éveiller, alors, selon mon expérience, le taoïsme est la voie la plus appropriée. Une fois l'énergie éveillée de façon sûre et harmonieuse, pour continuer plus loin, vous devrez vous tourner vers le yoga, et, aux niveaux les plus élevés, vers le tantra. Si vous voulez en savoir plus sur l'Illumination et vivre l'expérience du kenshô, alors le Zen est la voie indiquée. Si vous désirez élargir votre état de conscience (ce dont je discutais avec le Maître Zen), cela relèvera du Mahâyâna; et aux niveaux les plus élevés, du Vajrayâna ou du Mahâmudrâ. Cependant, vous ne parviendrez à rien si vous n'avez pas de fondement solide – telle que la pratique des vertus et du mérite – si vous n'observez pas les préceptes, si vous ne contrôlez pas votre esprit, si vous n'étudiez pas et ne pratiquez pas le Dharma, etc. Toutes ces bases (et elles sont nombreuses) sont exposées de manière claire, progressive et extrêmement détaillée dans les soûtras du Theravâda.
Bien entendu, cela ne signifie pas que, par exemple, un pratiquant du yoga ne puisse pas réaliser l'Éveil; ou qu'un adepte du Zen n'ait aucune connaissance de l'énergie ou des pouvoirs surnaturels; ou encore qu'un moine du Theravâda, après avoir maîtrisé les principes de base, ne puisse pas éveiller l'énergie spirituelle et entrer en Samâdhi. Dans chaque système authentique de pratique spirituelle, on retrouve deux composantes essentielles et immuables: l'énergie et la conscience. Cependant, comme cela a déjà été mentionné, l'accent de la pratique peut varier d'une tradition à l'autre: parfois la priorité est donnée à la conscience, ailleurs à la maîtrise de l'énergie. L'un des sujets les plus fondamentaux de tout l'enseignement est justement l'interconnexion entre l'énergie et la conscience.
Je reviendrai sur ce thème de manière approfondie dans les chapitres correspondants.
«Désignations conventionnelles»
Il y a encore un autre aspect très important auquel on ne prête presque jamais attention. Dans les descriptions précédentes, j'ai utilisé les termes «bouddhisme», «taoïsme», etc. Cependant, nous devons bien comprendre qu'en réalité, le Bouddha Sakyamuni lui-même n'a jamais utilisé le mot «bouddhisme». C'est pourquoi, dans les soûtras du Canon pâli, il est toujours question de Dharma, ou de la Vérité, et non de «bouddhisme». De la même manière, dans le traité fondamental du taoïsme, le Tao Te King, vous ne trouverez non plus le mot «taoïsme»: le texte parle du Tao, notre état originel et éternel. Quant aux textes tibétains, ils ne contiennent ni l'expression «bouddhisme ésotérique», ni encore moins le mot «lamaïsme».
Que veux-je dire par là? Cette réflexion m'est venue à l'esprit à la suite d'une conversation avec un yogi indien. Je lui avais posé une question sur l'hindouisme, qui est officiellement considéré comme la religion principale de l'Inde (pratiquée par 80,46% de la population). Ma question sembla surprendre le yogi, qui me répondit: «Qu'est-ce que l'hindouisme?». J'étais décontenancé par une telle contre-question, et mon interlocuteur poursuivit: «Sur terre, il existe une portion de terre appelée Inde. Par conséquent, les gens qui habitent l'Inde sont appelés des Indiens. Les Indiens suivent un certain Enseignement dans leur vie. Cet Enseignement a été appelé, à un moment donné, désigné par quelqu'un sous le nom d'“hindouisme”, c'est-à-dire “la religion pratiquée par les Indiens”». Le yogi m'expliqua que dans les anciens textes sanskrits – les Védas et les Upanishads –, on ne trouve pas le mot «hindouisme»: ces textes parlent du yoga, comme d'un système de pratiques spirituelles et d'un mode de vie dans son ensemble.
Cet exemple illustre une fois de plus qu'il n'existe qu'un seul Enseignement véritable, ou la Loi, ou Dharma – dans ce cas, les noms n'ont pas d'importance – qui, pour diverses raisons, a été fragmenté en une multitude d' «écoles», «courants», «religions officielles» et ainsi de suite. À chacun de ces «courants» ou «écoles» a été attribué un nom conventionnel: «bouddhisme ésotérique», «bouddhisme ancien», «hindouisme», «taoïsme» – une liste qu'on pourrait allonger indéfiniment. Je le répète: ces appellations ne figurent pas dans les textes originaux. Cependant, aujourd'hui, nous sommes obligés de les utiliser pour pouvoir nous comprendre, pour savoir de quel système de pratique spirituelle il est question. De ce point de vue, ces désignations conventionnelles peuvent avoir une certaine signification.
Mais du point de vue du Dharma véritable…
Bruce Lee disait: «Les styles divisent les gens. Les gens ne peuvent plus s'unir, parce que les styles sont devenus une loi». Et dans une autre interview, il a déclaré: «Les gens ne peuvent plus s'unir, parce que les styles sont devenus une “vérité sacrée”».
Bien entendu, je ne cherche pas à penser à la place du lecteur. Je ne considère pas, et n'essaie donc pas de démontrer, que certaines voies de pratique spirituelle seraient meilleures, plus efficaces, etc. Il est important de souligner ici que cette division en «meilleur/pire» ou «supérieur/inférieur» est propre à un esprit immergé dans l'ignorance et l'ego; et que, par conséquent, ces catégories dualistes ne devraient pas être utilisées par un véritable pratiquant spirituel.
Je ne cherche pas à «corriger» les enseignements – il serait absurde de penser que le Dharma a besoin de telles «interventions» douteuses de ma part. Tout ce que je souhaite, c'est montrer au lecteur qu'il existe un enseignement unique et véritable, qui, avec le temps, a été divisé en différentes «écoles», «systèmes», «traditions», etc. Cette fragmentation s'est produite pour diverses raisons, que je m'efforcerai d'exposer dans les chapitres suivants. Cependant, je suis profondément convaincu, et je souhaite que le lecteur puisse le voir aussi clairement que moi, qu'il n'existe pas de véritables enseignements qui se contredisent.
Le Dharma ressemble – et je suis convaincu que c'est bien le cas – à un projet d'enseignement unique, qui a été, pour diverses raisons, divisé en de nombreuses branches: parfois, cette division s'est faite accidentellement, parfois de manière intentionnelle. Ces raisons peuvent être l'époque historique, le pays où l'enseignement se diffusait, le niveau spirituel des pratiquants, et bien d'autres facteurs encore. Par exemple, le Bouddha Sakyamuni, lorsqu'il transmettait le Dharma, faisait usage de «moyens habiles» ou «ruses pédagogiques» (upāya kauśalya): il a divisé l'enseignement unique (ou le Véhicule Unique du Bouddha) en plusieurs parties, en fonction du niveau spirituel de ses disciples19. C'est en partie pour cette raison qu'aujourd'hui l'enseignement semble «distribué» entre différentes écoles et courants.
Si nous voulons vraiment voir et, surtout, comprendre cette loi unique, il est nécessaire de réunir les parties autrefois fragmentées, en dépassant les limites des écoles ou courants individuels. Il faut s'ouvrir à l'enseignement des quatre véhicules du bouddhisme20, en unissant l'enseignement du Theravâda et l'enseignement du yoga. Une fois ce travail accompli, il devient clair que les enseignements des différentes traditions – qu'il s'agisse des multiples écoles de yoga, de bouddhisme ou de taoïsme – non seulement ne se contredisent pas, mais se complètent, révèlent le sens profond et authentique, et permettent de saisir la totalité de la vision du Dharma. Un seul fil traverse les cent huit perles d'un mala. De même, je me suis donné pour tâche de réunir l'ensemble en une vision cohérente.
Afin que le lecteur puisse recevoir une vision complète du Dharma, les parties les plus complexes de l'enseignement seront expliquées progressivement. Leur description se poursuivra au fil des chapitres, sous différents angles, jusqu'à ce qu'elles soient entièrement clarifiées. Encore une fois, pour moi, le Dharma n'est pas une religion, ni une forme figée du passé. Le Dharma est un enseignement vivant, pratique, dont l'étude et la pratique permettent au moins à chacun de mieux comprendre le monde qui l'entoure et son propre monde intérieur.
Ensuite, bien que je divise l'Enseignement en volumes et en chapitres afin d'en faciliter la perception et la compréhension, nous devons garder à l'esprit que le véritable Dharma est un tout indivisible. Par exemple, même des éléments que l'on oppose souvent – comme les chakras et la kundalinî, considérés comme ésotériques et mystiques, d'un côté, et la pleine conscience ou la concentration, considérées comme simples et pratiques, de l'autre – ne peuvent exister séparément: si vous ne développez qu'une seule chose – uniquement l'énergie éveillée ou uniquement la pleine conscience dans la vie quotidienne – vous n'atteindrez pas la perfection.
Par ailleurs, j'aimerais souligner qu'il est impossible d'exposer l'ensemble de l'Enseignement, ou le Dharma, dans un seul ouvrage. C'est pourquoi je pense que les connaisseurs du Dharma trouveront sans doute des lacunes dans mon livre. Les recherches en matière de pratique spirituelle que je présente ici ne peuvent pas être considérées comme achevées ni comme exhaustives. Cependant, j'espère que mes descriptions offriront au lecteur la possibilité d'acquérir une vision structurée du Dharma, et du chemin permettant à chacun de réaliser son état originel de liberté et de bonheur.
Les Grands Maîtres
D'ordinaire, de telles sections sont placées à la toute fin du livre sous le titre «références bibliographiques». En règle générale, peu de gens consultent ces listes. Toutefois, j'ai choisi de procéder autrement et de présenter au lecteur une liste de gourous dont les textes m'ont permis d'acquérir ma connaissance du monde spirituel, d'approfondir ma pratique intérieure et, grâce à cela, d'acquérir une expérience précieuse et variée. Les citations tirées des textes de ces Maîtres spirituels énumérés ci-dessous accompagneront de temps à autre mon exposé.
Si je devais introduire ces noms et leurs apports au fil du récit, cela risquerait de détourner l'attention du lecteur du fil principal. Et si je les mentionnais sous forme de notes de bas de page, alors, d'une part, ces notes seraient parfois plus longues que le texte principal, rendant la lecture moins fluide, et d'autre part, parler des grands maîtres du passé – ou de ceux d'un passé récent – dans des notes marginales me semblerait manquer de respect à leur égard.
Bien entendu, je ne peux ici mentionner que les principaux maîtres. Heureusement, dans le passé, la Terre a connu de nombreux gourous éveillés – aujourd'hui, leur nombre a gravement diminué – et il ne m'est donc pas possible de présenter, même brièvement, tous les maîtres spirituels des temps anciens.
De nombreux textes, anciens et contemporains, sont consacrés à la description de la vie des maîtres du passé. Par exemple, la vie du Bouddha Sakyamuni a même été présentée dans la célèbre collection La Vie de personnes remarquables21. Bien sûr, dans cette brève description, je n'ai pas la possibilité de proposer au lecteur une biographie détaillée de chaque enseignant – le lecteur pourra s'y plonger de lui-même, s'il le souhaite. C'est pourquoi je n'aborderai ici que les principaux aspects de leurs activités en tant que gourous du Dharma. Cela est nécessaire pour que, lorsqu'une citation d'un Maître apparaîtra dans le texte, le lecteur ait déjà une idée de qui il s'agit, et puisse comprendre pourquoi j'ai choisi d'illustrer tel ou tel propos par les paroles de ce Maître en particulier.
De plus, évoquer les maîtres du passé aidera le lecteur à mieux comprendre comment les enseignements spirituels dont il sera bientôt question sont apparus sur Terre et se sont transmis au fil du temps.
Enfin, à travers cette description, je souhaite attirer l'attention du lecteur sur l'aspect fondamental de toute pratique spirituelle. En effet, tout au long du livre, je m'efforce de montrer l'importance d'une étude cohérente et profonde du véritable Dharma; et je pense que, après ces brèves évocations des Grands Maîtres, l'élément essentiel de cette étude – on pourrait même dire son secret principal – se révélera de lui-même au lecteur.
Bouddha Shakyamuni
Il est scientifiquement prouvé que cet homme a réellement vécu sur Terre.
En pâli, son nom est transcrit Siddhâttha (prononcé: «Siddatta») Gotama Sakyamuni (සිද්ධාත්ථ ගොතම සක්යමුනි, Siddhāttha Gotama Sakyamuni).
En sanskrit, Siddhârtha Gautama Shâkyamuni (सिद्धार्थ गौतम शाक्यमुनि, Siddhārtha Gautama Śākyamuni).
Le prénom Siddhârtha (Siddhāttha) peut être traduit par «succès dans la réalisation des objectifs» ou «accomplissement de tous les désirs». Gautama (Gotama) est, en quelque sorte, un patronyme: pour le dire dans les termes contemporains, cela signifie qu'il était un descendant de Gautama (Gotama). C'est pourquoi le Bouddha historique est parfois appelé le Bouddha Gautama ou Gautama le Bouddha. Il appartenait à la lignée Shâkya (sanskrit: शाक्य, Śākya) ou Sakya (pâli: සක්ය, Sakya). C'est ainsi que se forme son «nom de famille»: Shâkyamuni en sanskrit ou Sakyamuni en pâli. Par conséquent, il est plus logique d'appeler le Bouddha historique le Bouddha Shâkyamuni ou le Bouddha Sakyamuni, ce qui signifie littéralement dans les deux langues «le Sage Éveillé de la famille Shâkya (ou Sakya)».
La majorité des chercheurs s'accordent à penser que le Bouddha a vécu approximativement à la fin du VIe siècle et au début du Ve siècle avant J.-C., c'est-à-dire il y a environ 2500 ans. Mais si nous souhaitons établir plus précisément les années de la vie du Bouddha Sakyamuni, il faut, à mon avis, nous référer aux dates officiellement reconnues par la tradition bouddhiste.
La première date documentée de manière fiable est l'année 250 avant J.-C., correspondant au Troisième Concile bouddhique. Ce Concile fut organisé à l'initiative de l'empereur Ashoka, en 250 avant J.-C., ce qui correspond à l'an 294 du calendrier bouddhique. Le calendrier bouddhiste commence à partir du moment où le Bouddha Sakyamuni est entré en Parinirvâna. Ainsi, le Troisième Concile bouddhique eut lieu 294 ans après le départ du Bouddha. Par un simple calcul arithmétique, on peut conclure que le Bouddha quitta ce monde en 544 avant notre ère. Selon toutes les sources connues à ce jour, le Bouddha vécut exactement 80 ans. Par conséquent, les années de vie du Bouddha sont: 624–544 av. J.-C.
Si vous comptez les dates, même celles des événements historiques bien documentés, selon les calendriers bouddhiste et grégorien, un décalage d'un an peut parfois apparaître. Cela s'explique par le fait que l'année commence à des mois différents dans les deux systèmes: en mai pour le calendrier bouddhique et en janvier pour le calendrier grégorien. Ainsi, toutes les dates mentionnées plus loin doivent être considérées comme approximatives. Par exemple, dans certaines sources, l'année de naissance du Bouddha est indiquée comme 623 av. J.-C., tandis que dans d'autres, c'est 624 av. J.-C.
Le prince Siddhârtha Gautama naquit en 624 avant J.-C. dans une famille royale appartenant à la lignée des Shâkya. En 595 avant J.-C., à l'âge de 29 ans, Siddhârtha Gautama, ayant pris conscience de la souffrance de ce monde, renonça à la vie mondaine et s'engagea sur la voie de la pratique spirituelle. Toutefois, cette formulation n'est pas tout à fait exacte: Siddhârtha Gautama avait entrepris sa pratique spirituelle bien avant sa dernière naissance dans le monde des humains – il pratiqua durant quatre asamkhyas de cent mille kalpas. Le terme asamkhya désigne une ancienne mesure indienne d'un nombre immense, souvent appliquée à la durée. Un asamkhya équivaut à 1052. Un kalpa, quant à lui, est un cycle cosmique complet comprenant la création, l'existence et la dissolution d'un Petit Univers. Je parlerai plus en détail des cycles de l'univers ainsi que de la pratique spirituelle de Siddhârtha Gautama dans le volume I, chapitre 3, et le volume II, chapitre 3, respectivement. Ainsi, lorsque nous parlons du début de la pratique spirituelle de Siddhârtha Gautama, il faut comprendre le début de sa pratique spirituelle complète dans le monde des humains, dans le but ultime de réaliser l'état de Bouddha dans cette dernière incarnation.
À l'âge de 35 ans, c'est-à-dire en 589 avant J.-C., Siddhârtha Gautama atteignit l'Illumination suprême, autrement dit, il réalisa l'état de Bouddha (sanskrit: बुद्ध, bouddha; pâli: බුද්ධ, bouddha, littéralement: «éveillé»). Selon le calendrier lunaire indien, cela se produisit le jour de la pleine lune du deuxième mois, qui correspond à la fin mai – début juin dans le calendrier grégorien.
Durant les quarante-cinq années qui suivirent, le Bouddha Sakyamuni exerça son activité en tant qu'enseignant du Dharma. En 544 avant J.-C., il quitta ce monde et entra en Parinirvâna22.
Permettez-moi ici de revenir un instant sur l'orthographe du nom du Bouddha.
Siddhârtha Gautama, né prince, parlait et écrivait en sanskrit. Toutefois, après avoir atteint le plus haut degré d'Illumination et commencé à prêcher le Dharma, il adopta la langue pâlie. À cette époque, le pâli était une langue parlée couramment: tout le monde l'utilisait, ce qui permit même aux gens du peuple de comprendre l'enseignement du Bouddha. Le nom mondain du Bouddha s'écrit ainsi – Siddhârtha Gautama – c'est pourquoi j'écris et le prononce selon la translittération sanskrite. En revanche, lorsqu'il s'agit de son nom en tant que Maître spirituel, j'utilise la forme pâlie: Bouddha Sakyamuni.
Cependant, en réalité, ce qui importe ce n'est pas le nom du Maître, ni les titres des textes qu'il a écrits ou qui ont été enregistrés à partir de ses paroles, mais bien l'Enseignement que le Grand Gourou a offert au monde, la Vérité consignée dans ces écrits.
Le véritable Dharma, prêché par le Bouddha Sakyamuni, est fixé dans le Tripitaka23. À l'origine, les sermons du Bouddha n'étaient pas écrits, mais les disciples, ayant atteint un niveau élevé de pratique, mémorisaient son enseignement par cœur. Après le départ du Bouddha, les disciples systématisèrent de mémoire la Loi que leur Maître leur avait expliquée pendant 45 ans. Environ 400 ans plus tard, la Loi enseignée par le Bouddha fut transcrite en pâli avec des caractères singhalais. C'est ainsi que naquit le Tripitaka (sanskrit: त्रिपिटक, tripiṭaka) ou Tipitaka (pâli: තිපිටක, tipiṭaka), qui signifie littéralement «les trois corbeilles», car les textes recueillis furent classés en trois sections thématiques. Le Canon pâli est une autre appellation du Tripitaka.
En outre, j'aimerais préciser qu'un texte bouddhiste (bien que cela s'applique également à la plupart des textes de yoga) est appelé soûtra (सूत्र, sūtra) en sanskrit et sutta (සුත්ත, sutta) en pâli, ce qui signifie littéralement «fil»; toutefois, une traduction plus précise serait «formule». En d'autres termes, les soûtras contiennent les formules de notre pratique spirituelle. Au fil de mon récit, j'utiliserai les deux termes – soûtra ou sutta – selon le contexte. Quant à la formule principale de la pratique spirituelle, j'en parlerai à la fin de cette introduction.
